Discours

Cérémonie

Texte de Martin Gray, lu par Olivia

L’amour est emportement.
L’amour est enthousiasme.
L’amour est risque.
N’aiment pas et ne sont pas aimés ceux qui veulent épargner, économiser leurs sentiments.
L’amour est générosité.
L’amour est prodigalité.
L’amour est échange : Qui donne beaucoup reçoit beaucoup car en fin de compte nous possédons ce que nous donnons.
Aimer, ce n’est pas enfermer l’autre, c’est vouloir que l’autre s’épanouisse, suivre le courant naturel de la vie.
L’amour, c’est savoir accepter l’autre tel qu’il est.
Etre joyeux du bonheur qu’il trouve.
L’aimer dans sa totalité.
Il n’y a pas qu’une seule façon de vivre à deux.
Il y a mille chemins qui conduisent au bonheur et à la paix.
Chacun peut trouver sa route dès lors qu’il s’efforce de comprendre l’autre.
Pour chaque couple, il y a un chemin singulier.
Chaque couple est unique.
Parce que chaque être est unique et que dans la rencontre de deux êtres jaillit un tout unique.
Chacun peut trouver l’autre avec qui il va commencer la vie à deux.
L’amour, chacun doit l’inventer pour soi.
Il ne peut y avoir de modèle.
Chacun est soi, chacun est origine.
Aimer c’est en même temps partager des mots, des regards, des espoirs et des craintes.
L’amour c’est réussir à donner à l’autre confiance en lui.
L’amour n’est pas seulement un miracle né d’une rencontre, il est jour après jour ce que l’on veut qu’il soit.

Marc-André

Chère Aline, cher Olivier,

Discours témoinsCela fait maintenant quelques mois que nous nous sommes réunis, les 4 témoins, pour décider quelle allait être notre participation à votre cérémonie de mariage. Et c’est là, autour d’une pizza et d’un verre de vin que nous avons décidé que plutôt que de faire des grands discours, nous allions vous offrir tout simplement… des mots. Mais des mots bien spéciaux, vous allez le voir !

Le premier mot que je voudrais vous offrir est le mot levain. C’est le levain qui fait que 2 corps à priori étrangers, l’eau et la farine se combinent pour former une nouvelle entité, le pain. Vous me direz que la levure du boulanger fait cela aussi, et c’est vrai. Mais le levain a cette particularité supplémentaire que si il est bien soigné, il peut servir à faire une quantité infinie de pains. Et le soigner n’est pas difficile : il suffit de lui donner régulièrement en part égale… de la farine et de l’eau ! Alors je vous laisse décider entre vous lequel des deux est la farine et lequel est l’eau. Moi tout ce que je vous souhaite c’est que vous continuiez à bien soigner l’amour qui vous unit, et à le nourrir chaque jour d’une part égale… de farine et d’eau !

Le deuxième mot que je voudrais vous offrir est le mot ollaire. La pierre ollaire, de son nom scientifique stéatite est une pierre typique du val de Bagnes, comme vous deux. Aline tu remarqueras que je parle du val de Bagnes, et non pas de la commune ! D’un point de vue physique elle présente les caractéristiques suivantes : elle est à la fois résistante et molle, donc relativement façonnable à l’aide d’outils simples. De plus, elle possède une capacité calorifique élevée. Aline et Olivier, vous posez aujourd’hui la première pierre de votre mariage. Je vous souhaite que votre union soit comme une construction en pierre ollaire : résistante, mais facilement ajustables aux aléas de la vie. Et surtout, je vous souhaite qu’elle puisse conserver votre amour réciproque et vous le restituer tout au long de la vie.

Olivia

Le mot que j’ai choisi pour vous est inspiré d’un poème. Aline je sais que tu le connais le poème !

Il y a des voiliers qui restent au port,
De peur que les vents ne soufflent trop fort.
Certains rouillent dans le port,
Car ils ne risquent jamais leur voile dehors.
D’autres oublient de partir,
Car ils ont peur de la mer à force de vieillir.

Mais il y a des voiliers qui partent en mer,
A la découverte de nouvelles lumières.
Ils partent en mer,
A la recherche de nouvelles terres.
Des lieux merveilleux,
Eclairés de mille feux.

Il y a des voiliers qui traversent tempêtes et marées,
Mais ils ont toujours en vue un phare, un rocher,
Qui sert de repère,
Lorsque le ciel adoucit la mer.

Arrivés à bon port,
Pleins de souvenirs et souvent plus forts,
Ces voiliers ont le réconfort,
De repartir toute voile dehors.

Chère Aline, Cher Olivier
Voici ce que je vous souhaite :

Que votre mariage soit un voyage, avec beaucoup de moments merveilleux, et que vous aurez toujours un phare qui sert de repère pour continuer à découvrir votre vie à deux.

Céline

Chère Aline, cher Olivier,
C’est afin de vous transmettre mes meilleurs vœux pour votre vie à deux que je vous propose de découvrir les mots que j’ai choisis pour vous.
Vous allez les découvrir par vous-mêmes, en résolvant une petite énigme.
Mon premier, en deux lettres, peut correspondre soit au nombre 26, pour Aline, soit 34, pour Olivier, soit au nombre 9 depuis que vous vous connaissez et ne vous êtes plus quittés depuis, soit au nombre 1 et quelques poussières de la durée de vos fiançailles…
Mon deuxième représente ce qu’aujourd’hui vous vous promettez de passer ensemble à l’avenir.
Mon tout : voici ce que je vous souhaite :
Que chaque an que vous vivrez à deux soit fait de projets, de complicité et de joie, afin que la vie que vous choisissez vous donne toujours l’envie de vous aimer.

Denis

Prendre la parole après l’énigme mystérieuse de Céline, après la science de Marc-André et sa connaissance sans pareille du Val de Bagnes, et enfin après le très beau poème d’Olivia, et bien, ce n’est pas une chose aisée.
Alors du coup, je vais m’en sortir par une pirouette. Ma pirouette, c’est de choisir un seul mot, et ce mot est le mot ivoire.
Ivoire, c’est la couleur de ta robe Aline. Mais ivoire aussi, parce que c’est quelque chose de relativement rare, donc de précieux.
Mais surtout parce que l’ivoire permet de vous donner un rendez-vous. Celui de fêter ensemble vos noces d’ivoire. En ce qui me concerne, la date est encore libre dans mon agenda. Si c’est aussi votre cas, je vous propose de la bloquer immédiatement. La date ?
Et bien, le 25 août, évidemment. Le 25 août 2074, dans 62 ans.

Nous vous devons tout de même quelques mots d’explication. Lorsque Marc-André vous a dit tout à l’heure que nous allons vous offrir quelques mots, je mettrais ma main à couper que vous n’auriez pas misé beaucoup sur levain, ollaire, voilier, an, vie, envie et ivoire.
Et pourtant, ces mots n’ont pas été choisis au hasard. Ces mots sont composés des lettres de vos deux prénoms a.l.i.n.e et o.l.i.v.i.e.r.
Le message que nous voulions vous transmettre, c’est que lorsque réunit vos deux prénoms, lorsque l’on vous réunit, il est possible de faire de belles choses. Il est possible de bâtir un voilier et de naviguer vers la Côte d’Ivoire, pour un an ou pour toute la vie.
Nous nous réjouissons de voir les belles surprises que vous allez construire ces prochaines années, et nous serons heureux de participer à certaines d’entre elles.

Soirée

Père du marié (au nom des quatre parents)

Discours père du mariéJ’aimerais souhaiter la plus cordiale des bienvenues à vous tous ici présents et je vous remercie d’avoir accepté d’accompagner Aline et Olivier dans leur engagement de ce jour- et pour toujours- formulé tout-à-l’heure au château d’Aigle. La présence de chacun d’entre vous, famille et amis, est indispensable, mais parmi vous, j’aimerais plus particulièrement adresser un clin d’oeil au vétéran de la soirée, aux nonante-deux printemps, mon papa et grand-père d’Olivier et au plus jeune d’entre nous, Amaury, nonante ans de moins que son arrière-grand-père .

Puisqu’on m’a bien fait comprendre qu’en ce jour le père du marié se devait de prendre la parole, je vais donc en profiter pour vous faire quelques révélations sur les deux responsables des festivités d’aujourd’hui. Vous pensez peut-être tout savoir sur la personnalité d’Aline et d’Olivier, mais pour vous prouver qu’il n’en est rien, j’aimerai vous dévoiler quelques-unes de leurs facettes restées secrètes jusqu’à ce jour.

Olivier, sous un abord réservé, voire timide, tu ne fais jamais les choses à moitié et tu as déjà prouvé à maintes reprises que tu avais de la suite dans les idées (oserai-je dire, qui frise parfois à l’obstination !) : par exemple, ton choix du végétarisme, sauf erreur depuis 1997, qui nous donne droit, dans la plupart des restaurants, à des échanges du genre : « Mais non, les végétariens ça ne mange pas de poisson ! Bon, est-ce qu’il y a de la gélatine dans cette panna cota, la gélatine c’est bien animal ?…Ou, en consultant la carte des menus : Oui, oui, je trouverai bien quelque chose pour les végétariens, euh… donnez-moi un tranche au fromage ! », et j’en passe. Autre exemple : ta passion pour le Jazz, qui après il faut bien le dire, quelques détours par des entreprises parfois douteuses, t’a fait trouver, comme par hasard, du travail dans une compagnie qui s’occupe à plein temps du festival de Jazz de Montreux ! Je pourrai citer d’autres exemples, mais j’éviterai prudemment d’aborder le sujet de la religion, pour en retenir un dernier, mais non le moindre : ta rencontre avec Aline, qui aboutit à l’engagement de ce jour. Là encore, je dois souligner ta constance. La première fois que vous vous êtes rencontrés, à l’invitation d’une de mes impatientes, Jacqueline (la maman d’Aline), vous ne vous êtes pas regardés, ou peut-être de façon furtive, en tout cas, ce qui est sûr, c’est que vous ne vous êtes pas parlé ! Par la suite, quand vous vous êtes vus de manière régulière, nous t’avons tout d’abord mis en garde contre le délit de détournement de mineure, Aline ayant à peine 17 ans à cette époque. Mais depuis lors, vous ne vous êtes plus quittés, et on peut dire que pour – à notre connaissance – ton premier amour, qui dure maintenant depuis 9 années, là encore tu as fait preuve d’une constance à toute épreuve.

Pour parler d’Aline, je me dois de trahir quelque peu le secret médical, ce qui me sera pardonné puisqu’il y a prescription pour la plupart des évènements évoqués. (Aline, tu me permettras de me référer à un texte que tu connais déjà !).
23 décembre 1986 : première rencontre pour…un problème mal placé que la pudeur m’interdit de dévoiler !
Par la suite, nouvelles entrevues (au cabinet), rythmées par des bobos plus ou moins sérieux, commentés abondamment chaque fois par « la mère, Jacqueline », alors que tu restais bien réservée, avec un petit sourire en coin ! Je ne sais plus si j’ai entendu une seule fois le son de ta voix durant toutes ces années, mais tu t’es bien rattrapée depuis ! Puis, un beau jour d’automne 2003, tu as débarqué à la maison : la maladie devait donc être bien grave pour que tu oses me déranger chez moi ! Mais Olivier m’a tout de suite rassuré : tu voulais seulement voir des trucs d’informatique, enfin des choses…que bref, je ne pouvais pas comprendre. Olivier m’a rapporté par la suite que tu avais souffert à cette occasion d’une tachycardie mémorable. Les cours d’informatique ont continué à une fréquence assidue et je vois que tu as fait d’immenses progrès dans cette branche depuis ces premières leçons.

Je laisserai le soin aux cousins qui, j’en suis sûr, ne vont pas faillir à la tradition qui leur a fait animer de façon mémorable les mariages des nombreux cousins qui ont convolé par le passé, de faire quelques révélations supplémentaires, que nous nous réjouissons de découvrir, sur Aline et Olivier. Pour cette occasion, ils ont utilisé la panoplie du parfait reporter, et nous sommes impatients d’en voir le résultat.

Pascal (le papa d’Aline) insistait pour prendre aussi la parole, mais je lui ai fait remarquer que ça risquait de faire un peu trop long pour des invités affamés et assoiffés, aussi je me charge de vous transmettre de la part des parents Bérard, Jacqueline et Pascal, le sentiment que depuis leur rencontre il y a 9 ans, Aline et Olivier se sont beaucoup apportés l’un l’autre – et réciproquement – et qu’ils souhaitent que cela continue toute leur vie. Ils s’associent à Eva et à moi-même pour vous adresser nos messages les plus cordiaux, espérant que vous passerez une soirée des plus conviviales, et pour souhaiter à Aline et à Olivier une vie de couple faite de petits et de grands bonheurs et je vous propose de lever notre verre à leur santé, avec comme le veut la tradition, le souhait d’une longue vie heureuse avec beaucoup d’enfants (mais pas trop vite, attendez qu’on soit à la retraite !)

Frère du marié

Discours frère du mariéJe me souviens de la naissance d’Olivier. La partie amusante pour moi s’était bornée à rester chez mes grands-parents en attendant le jour fatidique. Mais après cela, le nouvel arrivé fut perçu un peu comme un intrus. J’avais même dit à mes parents, en pleurant, qu’ils ne voulaient plus s’occuper de moi. Après presque six ans de vie de fils unique, c’était pas si facile d’avoir un frère, au début.

Mais il était là pour rester, donc il a bien fallu s’habituer ! A des choses comme le voir manger mes pièces de Lego, et les voir ressortir par l’autre côté… Ah oui, c’était pas toujours amusant d’avoir un frère, au début.

Heureusement, au cours du temps, nous avons développé des intérêts communs. Par exemple, visiter la décharge des Vernays, au grand dam de nos parents, pour récupérer de vieilles pièces de voiture ou de machine à laver. Cette idée l’a d’ailleurs encouragé à faire ses propres expériences par la suite, comme aller démonter les postes de contrôle des stations de télésièges désaffectées, sur les pistes de Verbier. Enfin là, c’était déjà mieux d’avoir un frère.

Un beau jour, Olivier a développé un intérêt pour l’astronomie. Et ceci nous a valu un certain nombre de nuits, à nous geler pour voir quelques étoiles floues entre les nuages. Mais là, c’était vraiment cool d’avoir un frère.

Passionné d’informatique, j’avais investi mes économies dans un ordinateur, qui a rapidement suscité l’intérêt d’Olivier. Pendant la guerre du Golfe, il a même concocté tout seul un jeu vidéo sur le thème des missiles Scud. Le jeu a malheureusement disparu depuis. Mais là, j’étais fier d’avoir un frère.

Être un grand frère, ça permet d’avoir une certaine influence. Par exemple, quand j’ai convaincu Olivier, qui déteste la chaleur, d’aller faire un voyage en Égypte au mois d’août ! Mais c’était sympa, de voyager avec son frère.

Dans certains domaines il m’a rapidement devancé. Par exemple, pour trouver une copine ! Oui, oui, je parle d’Aline… Ou alors, dans des domaines, on dira, plus moraux, comme le végétarisme. Même si, au début, si je me souviens bien, Olivier était végétarien sauf… pour la fondue chinoise. Ou encore, Olivier a réussi à trouver le seul travail dans l’informatique qui vous donne le droit d’assister à tous les concerts du festival de Jazz de Montreux. Je suis très impressionné par mon frère.

Même en étant à distance, nous arrivons encore à trouver des intérêts communs. L’un d’eux est ce qu’on appelle les « méthodes de productivité ». En gros, ça consiste à faire des listes, et des listes, et des listes de choses à faire. Certaines de ces méthodes ont d’ailleurs sûrement été appliquées pour l’organisation de ce mariage, ou pour les nombreux voyages de noces déjà effectués par Aline et Olivier. Dans ce domaine et d’autres, c’est bien, de pouvoir partager des idées avec son frère.

Et finalement, comme ce soir, on peut partager les grands moments de la vie. Ce qui fait qu’en fin de compte, on peut bien dire que c’est génial d’avoir un frère.

1 réflexion sur « Discours »

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